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ARTICLE DU 03/08/03

Route glissante et imprudents évacués

Un barrage de gendarmes bloque l’accès au volcan


A quelques centaines de mètres de la maison du volcan, au rond-point de la petite ferme, certains attendent depuis plus d’une heure. Mais ce n’est rien comparé à tous les autres automobilistes coincés juste avant le piton Textor. Parmi eux, il y en a qui sont là depuis l’aube. Afin de voir ce phénomène unique que les chanceux de vendredi soir ont pu découvrir les premiers : une Plaine des Sables recouverte de plusieurs centimètres de neige. Mais une décision des autorités vient rapidement mettre un terme à leur aventure.
Vendredi soir, vers 20 h, le préfet, Gonthier Friederici, ordonne la fermeture provisoire de la route du volcan. La raison invoquée : les risques liés au temps.

Des convois pour désengorger la route
Que faire alors de la centaine de voitures déjà engagées sur la route et qu’on ne peut plus laisser monter jusqu’en haut du volcan, au pas de Bellecombe ? Dans la matinée, on autorise exceptionnellement quelques convois de voitures à passer le barrage du Piton Textor. Une vingtaine de véhicules à chaque fois, pas plus. Seuls les riverains sont libres de circuler comme ils l’entendent. Mais vers midi, la décision est renforcée par un nouveau barrage, installé à hauteur du premier rond-point après la maison du volcan. Les plus courageux sont prêts à attendre et garent leur voiture sur le bas-côté. Chacun essaie comme il peut de discuter avec les gendarmes sur place. Rien n’y fait. Ce matin suivant la situation, la préfecture décidera de l’ouverture ou non de la voie.
Hier en effet certains petits malins, qui ont tenté de bravé les éléments sans s’être au préalable équipé, ont du être évacué par les gendarmes du PGHM. Des gendarmes qui se sont faits des frayeurs plusieurs fois au volant de la 4X4 sur la route verglacée.


La route du volcan barrée depuis le rond-point de la petite ferme : les réactions.


Pascal Arman-Mounoussany, 29 ans, chauffeur, Saint-Denis
“Ma femme et moi, on est vraiment très déçu. Ca fait plus d’une heure qu’on est bloqué au barrage. On n’a jamais vu de neige. Nos enfants non plus d’ailleurs, mais on préfère qu’ils attendent dans la voiture, à cause du froid. De toute façon, on est prêt à attendre le temps qu’il faudra”.


Yannick Nirlo, 30 ans, éducateur, Sainte-Suzanne
“Je suis furieux. Pas contre le préfet en particulier mais contre l’ensemble des autorités. Qu’est-ce qu’ils croient : que les créoles ne savent pas conduire ? C’est la troisième fois qu’on essaie de monter et à chaque fois on nous tient le même discours : attendre. Malheureusement, plus le temps passe, plus les gendarmes arrivent en renfort pour bloquer la route”.


Julie Zeganadin, 19 ans, étudiante, le Tampon
“On nous a dit qu’un convoi de cinquante voitures allait redescendre la route du volcan et qu’après, on pourrait monter. Ca fait déjà presque une heure que j’attends avec ma famille et rien n’a bougé. Franchement, ça commence à faire long”.


Thybaud, 5 ans, le Tampon
“J’ai déjà vu la neige quand j’étais en métropole, à Mulhouse. Mais j’aurais quand même bien aimé la voir aujourd’hui. Même si j’ai pas de luge ici. Comme c’est bloqué, on pourrait essayer d’y aller à pied. La Plaine des sables, c’est loin, mais heureusement je cours vite”.


Daisy Nativel, 40 ans, enseignante, la Ravine-des-Cabris
“Ici, on est révolté. Les autorités réunionnaises ne font pas assez d’efforts pour les habitants de l’île. Le volcan, c’est notre patrimoine tout de même ! Pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas mis un parking au niveau de la Plaine des sables et laissé les gens aller à pied jusqu’au pas de Bellecombe ?”


Gilbert Lebon, 38 ans, cultivateur, le Tampon
“J’ai eu la chance de pouvoir monter en haut du volcan vendredi soir. Il était à peu près 18 h et il y avait déjà au moins 5 à 6 cm de neige. C’est tellement chouette que j’ai voulu revenir ce midi. Sauf que là c’est plutôt mal parti. Mais, c’est pas grave, j’attendrai”.

Coralie Cochin


Elle avait prévu une météo surprenante
C’est écrit, en toute lettres, à la page 96 du dernier Télé journal, “Des phénomènes météorologiques imprévus pourraient surprendre”. Bravo à notre consœur Jocelyne Casta, qui dans son horoscope hebdomadaire nous annonce le temps fort de la semaine. Certes, elle ne parle pas de neige. Mais rien effectivement n’aurait pu autant surprendre les Réunionnais que ces paysages enneigés, semblables à n’importe quelle station de ski des Alpes. Nul doute que désormais nous jetterons un œil encore plus attentif sur les prévisions de Madame Casta.