8 novembre 1906 - 27 décembre 1907
Nommé le 16 juillet 1906 au poste de gouverneur de la Réunion, Bonhoure, ancien Préfet des Vosges, prend ses fonctions le 8 novembre. Il découvre un pays aux prises avec de graves difficultés économiques, ravagé par les maladies et les cataclysmes naturels. Le cyclone de 1904 a détruit 40% de la récolte de cannes et en 1905 une nouvelle perte de 32% a été enregistrée. Cette année le tiers des plantations de géranium et de vanille est anéanti. Ce qui est bien plus grave est le sentiment de la population que l'île n'a plus d'avenir. Sa production agricole établie en d'autres temps ne semble plus correspondre aux besoins du moment. Le sucre est passé de 35 à 25 F les 100 kg en 1903 et les cours de la vanille, autre produit fossile Sont tombés de 55 F / kg en 1900 à 10 F/kg en 1905. Le découragement est général et l'émigration reste la seule issue de vie meilleure.
Dans ce climat morose, la population apprend avec émoi le projet de rattachement de l' île à Madagascar proposé par le gouverneur général Augagneur. Le rêve malgache devient cauchemar. La Réunion découvre avec stupeur qu'elle n'est p1us le principal établissement français de l'Océan Indien. Malgré son indéfectible fidélité, Madagascar l'a supplantée. Les Réunionnais se souviennent avec dépit du sort d'éternelle délaissée de la Réunion. La France lui a toujours préféré le Madagascar d'avant Fort Dauphin, puis l'Isle de France ; maintenant elle risque de redevenir un satellite de la Grande Ile.
Cet événement constituera le choc psychologique nécessaire. Le 15 septembre 1907 les réunionnais vont descendre dans la rue. A l'initiative de George Richard et sous la présence d'honneur de M. Dureau de Vaulcomte une grande manifestation politique se déroulera au Jardin Colonial de St Denis contre le projet de rattachement à Madagascar.
Le 19 septembre, Bonhoure, sommé de s'expliquer, fait état d'un cablogramme reçu du Ministre des Colonies qualifiant de " tendancieuses" les nouvelles relatives au rattachement
La vigilance et la mobilisation des réunionnais seront efficaces. Le projet n'aura pas de suite, mais la France continuera à étendre son influence sur les autres entités insulaires de l'Océan Indien.